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BENJAMIN VALLIET

« Lexique ta mère »

Propos recueillis par Sophie Mignon         

Adepte du sens large, de prendre le large dès que ça lui chante et c’est peu de le dire, il aime les mots. Autodidacte, personnalité curieuse de tout, il alterne projets en solo et collaborations avec ceux de son espèce. Dans son nouvel ouvrage Lexique ta mère , Benjamin Valliet nous fait partager une forme de langage qui rassemble petits et grands de n’importe quelle classe sociale , un festin jubilatoire d’argot et autres expressions de la vie courante et démontre sans artifice que les différentes déclinaisons de notre belle langue constituent sa richesse.

Crédit photo : Hélène Lagache

Pourquoi l’idée d’un livre argotique ?

J’ai écrit ce livre parce-que j’aime la langue française, j’aime le fait qu’elle ne soit pas figée, j’aime les gens qui jouent avec les mots, du coup l’argot c’est une forme de langage qui m’a toujours attiré.

Ma grand-mère écoutait Fréhel, j’aime le cinéma d’Audiard et j’ai beaucoup écouté Renaud, les jolis mots, les jolies phrases, les mots désuets, j’y ai vu un moyen de mettre mon amour de différents registres de la langue française dans un seul et même ouvrage où des phrases argotiques sont traduites en langage soutenu.

Le rap véhicule des mots d’argot, sociologiquement c’est super intéressant, l’argot qui est à la base créé par les dominés pour ne pas se faire comprendre par les dominants, ça veut dire que le langage underground tend à devenir le langage courant. Ça permet de rapprocher les générations.

Ton amour pour l’écriture, il s’est déclenché de quelle manière ?

J’ai rarement lu,  quelques livres de Boris Vian, « 1984 » de George Orwell.

Ça me fait chier de lire. Je suis très féru d’histoire, d’archéologie. J’ai fait des études d’Histoire,  j’ai donc lu beaucoup de livres d’Histoire, mais  le goût de l’écriture m’est venu en même temps que la musique.

En français, j’avais 9, 10 ans, je n’avais pas envie en fait, ça ne m’intéressait pas. Puis j’ai débuté la musique à l’âge de 16 ans, j’ai commencé à composer, et à écrire aussi. A présent, je m’essaye à écrire pour les autres, et je veux écrire que pour les femmes. J’adore travailler avec des chanteuses.

Ce que j’aime dans le fait d’écrire pour les autres, c’est que tu découvres un peu la personne, tu commences à capter le fond.

Ce sont un peu des brèves de comptoirs, les exemples de phrases dans « Lexique ta mère » ?

Il fallait prendre des exemples dans l’air du temps qui correspondent à l’époque,  à ce que disent les jeunes actuellement C’est intéressant de faire rejoindre le fond et la forme et finalement ça veut dire la même chose.  « Euh téma le gros boule de cette biatch »  « cher ami veuillez poser vos yeux sur le postérieur de cette jeune fille » c’est le côté un peu marrant comme quoi ça veut dire la même chose, même si ça passe beaucoup mieux dans le langage soutenu !

                                                                           

« Lexique ta mère »

Fortuna éditions

Prix : 7 euros

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