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BERTRAND CANTAT: LE ROSEAU SE COURBE, MAIS NE ROMPT PAS

Live Report Par Audrey APW

crédit photo Audrey APW

19h15. Devant le Rockstore, ce 12 mars. Nul n’ignore que le chanteur Bertrand Cantat se produit ce soir, à guichet fermé. Pourtant quelques heures avant et dans un long communiqué de presse, il a décidé d’annuler sa tournée de concerts d’été. Trop de pressions…Mais qu’importe, le roseau se courbe mais ne rompt pas…

Il est 20H et c’est « Amie Nuit » titre abyssal qui ouvre son album solo, « Amor Fati » sorti en novembre dernier, que le chanteur a choisi pour commencer le concert et ainsi capter, l’énergie des siens. « Amie Nuit, le temps coule ici, comme l’eau de pluie… ». Aucun bruit dans l’antre du Rockstore, si ce n’est un « On est avec toi Bertrand ! », scandé haut et fort par un public, son public déjà porté par la sombre poésie exquise de ce titre brut et organique, comme l’anthracite extraite des entrailles de la terre.

Le Rockstore se mue peu-à-peu en SAS de décompression, pour Bertrand Cantat, ses musiciens, mais aussi son public, violemment pris à parti avant de rentrer dans le Rockstore par une association, dont nous tairons le nom.

 « Vous n’êtes complices de rien », rappellera Bertrand Cantat pendant un bref interlude. L’équipe est soudée.  « On est heureux de vous retrouver, c’est un véritable bonheur, même si tout est très compliqué, en ce moment… ». Le paradoxe est là. Le chanteur arrive pourtant à dompter ce clair-obscur, dans la lumière, cherchant le contact avec de nombreuses poignées de mains tendues, vers ce public fidèle, celui de la première heure, mais aussi une audience plus jeune, comme il peut le remarquer lorsqu’il demande à son ingé lumières d’éclairer les visages présents, (Petit clin d’œil à la presse au passage…)

 Il enchaîne ensuite avec « Amor Fati », titre phare de l’album, « C’est sûr ils n’aimeront pas, Ils diront qu’t’as pas l’droit Chaque fois chaque chaque chaque chaque fois ». Cet album est le fruit de la dualité, celle du monde actuel d’abord, celle de l’artiste ensuite. L’alliage des deux, donne un mélange qui fluctue entre gris clair et gris foncé.  Amor Fati est l’album du contre-jour, qui loin d’être à contretemps est un album, définitivement de son temps, sur lequel un public transgénérationnel, se retrouve.

Crédit photo Audrey APW

S’enchaînent « Silicon Valley », diatribe contre google et compagnie suivie de « Sa Majesté », véritable satire sociale. Et puis, quand même, pour les nostalgiques, quelques titres de Noir Désir, « L’Homme Pressé », repris par un public qui n’a rien oublié des paroles et qui en redemande, ou encore « Tostaky », qui replonge le Rockstore dans l’ivresse du rock indé des années 90, porté ce soir sur scène, par un duo inébranlable, Humbert/ Cantat depuis l’aventure Détroit. Et puis et le temps d’un instant, le chanteur plongera en pleine lumière et sans filet,  avec « Antraciteor », en toute intimité, « Je ne connais pas de loi, qui pourrait m’éloigner de toi, je n’ai pas vraiment le choix d’ignorer, ce ne sait quoi, qui guide l’éclat entre l’anthracite et l’or …» Et il n’y a rien à rajouter. Le silence est d’or. Ce qui est, est. Merci Bertrand…

 

 

 

 

 

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