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CARMELO ZAGARI

Par Sandy BERTHOMIEU

CARNAVAL DES YEUX

Le Musée International des Arts Modestes à Sète réalise une exposition monographique exceptionnelle de l’œuvre picturale de Carmelo Zagari. Les heures passées dans son atelier révèle un univers singulier où les regards des personnages croisent celui de l’artiste et désormais le public. Ces toiles peintes sur une décennie sont propices à l’imaginaire. Echanges enthousiastes avec le généreux Carmelo Zagari !

Le titre de l’exposition est très beau ?

Norbert Duffort, le commissaire de l’exposition, en voyant mes toiles à proposer ce titre. Il y a plus de 300 regards peints… J’ai moi-même été piégé par ce « Carnaval des yeux » en découvrant l’exposition. C’est un vrai dévoilement, comme un journal intime ouvert…

Quel a été le déclic pour l’exposer ?

C’est Norbert qui est à l’initiative, pour lui c’était une évidence de présenter ce travail à ce moment là, les œuvres misent côte à côte couvrent 160m. Il y a une volonté de présenter et partager mes histoires mais aussi le rapport à l’autre, les fragilités, les sentiments… Cette série questionne aussi la solitude de l’atelier d’artiste !

Cette production est très dense…

En tout, il y a 103 toiles réalisées sur une dizaine d’années. La nécessité de réaliser cette série provient d’un retour de la réalisation d’une fresque monumentale à Canton (Chine).  Face au silence de l’atelier, je me suis porté une commande en commençant par peindre un portrait. Puis je peignais dès que j’avais du temps en dehors de mes autres productions. C’est un travail qui m’a accompagné dans le secret de l’atelier… L’idée était un jeu de tarot qui comporte 78 cartes, mais j’ai un peu prolongé le jeu !

Est-ce une série qui se poursuit ?

Non, celle-ci est terminée, une autre est peut-être en préparation dans le secret…

Comment se lisent ces toiles ?

Il peut y avoir plusieurs sens de lectures, une lecture générale comme une attention sur une pièce unique. C’est une lecture en cascade, des images sont cachées. Dans une même toile, plusieurs histoires se racontent, il y a des choses qui ricochent, des échos, ça nous échappe et ça se révèle plus tard… C’est comme dans la vie finalement, il y a du noir et blanc et des couleurs, la réalité et l’imaginaire. Un jeu de carte peut être battu de plusieurs façons…

Vos toiles sont sans châssis…

J’utilise un format figure permettant un rapport à l’échelle humaine. Les premières toiles avaient des châssis mais je les ai enlevés. Un jeu de cartes n’a pas de cadre. Un jeu de peinture avec ces marges blanches, ces débords, engendre un impact beaucoup plus fort. Il y a l’idée de pouvoir passer de l’autre côté du miroir. Pour moi, le non-châssis c’est la liberté, la toile et le regard sont libres.

Voir-percevoir…

Ce sont des notions très importantes… Être vu, être perçu ! Il faut accepter ce relâchement, se mettre à découvert, c’est cela qui fait la rencontre avec l’autre. J’essaie de passer régulièrement au MIAM, cette caverne est comme une salle de cinéma dans laquelle les histoires se régénèrent avec le public.

Jusqu’au 11 mars 2018

5.60€ / 2.60€

www.miam.org

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