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CHEFS D’OEUVRES DE L’ABSTRACTION

Cent toiles de peintres de l’après-guerre au Musée Fabre
Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, à Paris, de jeunes artistes ébranlés par les événements ressentent le besoin de rompre avec l’esthétique traditionnelle de la peinture. À la tête de cette génération, Hans Hartung, Nicolas de Staël, Pierre Soulages ou Georges Mathieu, qui vont repousser les limites de l’art. L’exposition se tient du 8 décembre au 25 mars au musée Fabre de Montpellier.

L’abstrait revêt différentes couleurs dans les oeuvres des peintres de l’après-guerre. Le Français Pierre Soulages puise dans sa palette sombre, il est obsédé par ce seul pigment, le Noir, où plutôt l’outrenoir, dont il expérimente les reflets. Ses toiles où la matière est palpable se heurtent aux explosions colorées d’un autre peintre de cette génération, le Canadien Jean-Paul Riopelle qui use et abuse de toute la gamme de couleurs. Dans l’art non-figuratif, ce sont les pigments, les gestes et la matière qui font l’oeuvre.

L’exposition présentée au musée Fabre illustre la variété de styles de «la Seconde École de Paris», avec des tableaux de soixante peintres, dont Nicolas de Staël, Hans Hartung (photo) ou Georges Mathieu. Les 101 toiles sont à découvrir durant le mois de décembre et jusqu’en mars 2012 à Montpellier. Issues du fonds Gandur,  récemment constitué à Genève, ces oeuvres font une première halte en France. C’est une collection unique, qui offre un aperçu de la période située entre les années 40 et 60 où l’abstraction s’impose comme mode d’expression à Paris.

Le traumatisme de la Seconde guerre mondiale résonne alors dans la capitale française. De nombreux artistes ressentent le besoin de rompre avec l’esthétique  traditionnelle, de repartir à zéro. Ils déconstruisent leur art pour réinventer de nouvelles manières d’appréhender sur la toile leur relation au monde. Ils remettent profondément en question la définition traditionnelle de la peinture, repoussent les limites de l’oeuvre d’art. En vous baladant dans les salles du musée Fabre, vous en
ferez l’expérience : certains artistes ébranleront vos propres limites sur la définition de l’art – d’autres les dépasseront, vous laissant perplexes. Mais vous trouverez du plaisir à observer leur travail de (dé)construction, leur recherche sur les techniques, leurs différentes approches.

La collection du fonds Gandur dialogue aussi avec les pièces de Pierre Soulages présentées dans l’exposition permanente du Musée Fabre. L’occasion de découvrir une plus large facette de cet artiste, aujourd’hui âgé de plus de 90 ans, qui a vécu à Montpellier.

 

 

Tatiana Tissot
Les Sujets de l’abstraction (1946-1962), du 8
décembre au 25 mars au Musée Fabre, 13 rue
Montpelliéret à Montpellier – Tél. 04 67 14 83 00
www.museefabre.com

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