CHRISTIAN GINE
Christian Gine s’attaque à Rome

A 63 ans, le dessinateur Christian Gine vient de publier le premier tome d’une série intitulée Les Boucliers de Mars (cf. chronique ci-contre). Poids lourd de la BD francobelge, il est revenu dans l’Hérault où il avait obtenu son diplôme des Beaux-Arts à Montpellier en 1962. Ce sont notamment les fameuses séries Neige et Finkel, scénarisées par Didier Convard qui l’ont fait connaître. 32 ans après sa première série Capitaine Sabre, son dessin a gardé toute sa force, dans une évolution légère mais bien réelle.
Comment se passe l’élaboration du tome 2, Sacrilèges ?
J’ai beaucoup plus de travail que pour Neige ou pour Finkel. La profusion de détails et le côté intraitable du scénariste Gilles Chaillet [également dessinateur, NDR] me demandent une précision diabolique ! J’envoie les crayons et je n’encre qu’après son aval car je ne suis pas un spécialiste de la période. J’en suis à la planche 30.
Qu’est-ce qui vous a amené sur ce nouveau projet ?
Je ne souhaitais pas faire cette série au départ, mon naturel va plus vers la fantasy. Mais Gilles a réussi à me convaincre et m’a fourni une énorme documentation. Je dois avouer que j’en avais un peu assez des précédentes séries, notamment Neige que j’anime depuis 25 ans. J’ai une étiquette collée au dos par les professionnels du livre et je voulais démontrer que j’étais capable de dessiner n’importe quelle thématique. Aujourd’hui, j’ai appris à aimer Les Boucliers de
Mars.
Votre dessin a bougé, notamment au niveau des corps et des regards…
Je suis mal à l’aise lorsque je dois parler de moi ou de mon travail. Cela dit, j’ai la sensation d’avoir toujours travaillé de cette manière. En revanche,l’impression de changement vient de l’évolution naturelle d’un auteur, du changement de cette fameuse thématique et peut-être aussi de cette profusion de détails sur les costumes, uniformes, et des décors issus de reconstitutions historiques.
Les couleurs sont bien réalisées mais paraissent sombres…
Oui, nous avons eu apparemment quelques problèmes avec l’imprimeur, tant au niveau des couleurs que des encrages. C’est regrettable mais finalement ça colle à l’ambiance. On reverra cela pour la suite. Pour l’instant, le scénario est prévu en trois tomes. Si les résultats sont satisfaisants, on fera sûrement un triptyque supplémentaire qui sera indépendant du premier.
Quelles musiques écoutez vous ?
Je ne peux rien écouter lors des crayonnés. Pendant les encrages, j’apprécie les vieilles radios sur internet qui passent des standards de jazz des années 30′s et 40′s. J’aime aussi les comédies musicales américaines.
Propos recueillis par Benoît Guerrée
Les boucliers de Mars, Éditions Glénat