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CHRISTIAN ROSSI

Des Amazones au grand coeur

Propos recueillis par J-L T.

Avec Le Cœur des Amazones (Casterman), sur un scénario de Géraldine Bindi, le dessinateur Christian Rossi s’est lancé dans une saga épique au sens premier du terme. En pleine guerre de Troie, dans une forêt impénétrable non loin des célèbres combats, vit le peuple des Amazones, femmes guerrières belles, indépendantes et solitaires.

Crédit Photo : JLT

Christian Rossi, qui a eu l’idée au départ de cet album ?

Géraldine Bindi m’a proposé juste le thème. Les Amazones, ça parle à tout le monde, c’est presque un fantasme. Ce sont des filles qui montent à cheval, tirent à l’arct et sont évoquées dans la mythologie grecque mais aussi africaine, asiatique. Géraldine a travaillé pendant ses études sur une pièce de Von Kleist, Penthésilée, qui raconte son combat contre Achille, en tombe amoureuse, le tue et se suicide.

C’est aussi une histoire d’amour et féministe ?

Oui, en même temps. L’amour est plus fort que tout. La haine est un moteur mais la grande énergie c’est l’amour. Il n’y a pas plus puissant que l’amour. C’est le message de Géraldine Bindi dans Les Amazones.

Au dessin il vous a fallu longtemps pour réaliser ce Cœur des Amazones ?

J’ai mis trois ans. Je ne pense pas qu’il y avait de coupes possibles pour fragmenter l’album en plusieurs tomes. Il fallait ne pas dire « vous aurez la suite dans un an ».

L’action est bien mise en musique avec logique. On peut parler presque de western ?

J’aime bien le terme. Un western mythologique. Sauf qu’il faut des personnages qui permettent de suivre les joies et les tourments de ce groupe. La reine est un héritage, elles le sont de mère en fille. Je me suis calqué sur les Indiens des plaines. La guérisseuse c’est un peu un shaman. Elles sont solidaires et elles ont des rituels. Au printemps c’est la procréation par les prisonniers sacrifiés ensuite, sauf les travailleurs, souvent des commerçants capturés.

Comment avez-vous travaillé et quels ont été vos choix graphiques ?

Je travaille sur des grands formats. Avec Deadline j’avais gouté à la couleur directe. J’étais mitigé. Je ne voulais pas me rembarquer dans de la couleur classique. Mon problème c’était la peau, le satin. Ombres, hachures, non. J’avais expérimenté le brou de noix que l’on peut délayer. Il devient clair, tire vers le jaune, le rose. J’ai rajouté les arrière-plans au feutre car je ne voulais pas que ce soit des illustrations qui coupent le flux de la lecture

Le Cœur des Amazones est une œuvre atypique, à forte puissance évocatrice ?

On a échangé avec Géraldine sur des séquences, sur les personnages. On a fait des choix. Elle était guidée par le sens qu’elle voulait mettre dans son histoire. On a travaillé sur le destin de tous les personnages principaux. Tout s’enchaîne et le lecteur peut suivre leur cheminement. Ce sont des femmes fortes et libres que l’on montre.

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