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CIE WANG-RAMIREZ

Par Sandy Berthomieu

MONCHICHI

 Ramirez est un duo atypique ! Ce couple mêle les cultures et les styles de danses donnant à voir une écriture poétique du hip-hop. Honji, d’origine coréenne, vit en Allemagne, Sébastien, né à Perpignan a évolué à Berlin. De cette mixité est née en 2011 la pièce fondatrice de la compagnie : Monchichi (nominée au New York Bessie Award 2017). Programmée par Montpellier Danse, Idem a eu la chance de découvrir leur sensibilité à l’Opéra Comédie en novembre dernier.

Quel est votre parcours ?

Honji Wang : J’ai d’abord suivi une formation de danse classique puis en arts martiaux. Je vis à Berlin depuis 2003 où j’ai découvert la scène hip-hop. Il n’y avait pas de jugements, c’était très ouvert. J’ai commencé en regardant les autres, on apprend par soi-même. Puis j’ai cherché les meilleurs danseurs de la discipline et cela a débuté comme ça avec Sébastien…

Sébastien Ramirez : J’ai longtemps enchainé les battles par besoin de reconnaissance nationale et internationale. Le hip-hop n’était pas très développé en 1995 à Perpignan pourtant c’est une culture très riche ! Au fil des rencontres, la part artistique et de création a pris le dessus sur la technique et j’ai fondé la compagnie.

Etre en couple est-il un atout ?

Nous vivons la danse 24h/24, nous évoluons ensemble et pouvons partager notre passion, nos doutes et nos bonheurs à tout moment. C’est très intense et cela nous nourrit.

Comment se déroule votre phase de recherche-création ?

Le point de départ c’est le mouvement. La dramaturgie, les sonorités, la lumière viennent ensuite. Nous travaillons avec des mots clés et des captations vidéo. C’est le corps qui mémorise le mouvement plus que le cerveau, il y a une mémoire des muscles. Pour Monchichi, nous avons travaillé conjointement avec un compositeur musical.

Que raconte Monchichi ?

Il y a beaucoup de recherches et d’improvisation dans l’écriture de nos pièces. Monchichi s’inspire de choses simples et de notre situation. A partir d’anecdotes, de moments vécus, de nos familles qui ne parlent pas la même langue. Nous croisons l’allemand, l’anglais, le français, l’espagnol, le coréen… Il y a un aspect théâtral que nous avons intégré afin de raconter des récits de vie notamment sur la question des clichés liés aux immigrés. Le titre de cette pièce provient d’un surnom donné à Honji « petit singe monkiki ».

Votre travail est présenté dans le monde entier, comment est-il reçu ?

Les interprétations suivant les pays sont très différentes. Nous avons eu l’occasion de jouer en Corée c’était un grand plaisir, le public a beaucoup rigolé. Les Etats-Unis sont très réactifs mais les frontières entre les styles de danse sont encore fermées par rapport au décloisonnement et ouverture en Europe.

www.montpellierdanse.com

www.wangramirez.com

Prochaines représentations dans la région

19 juin 2018, Théâtre

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