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EL CALIFE

Transgresse les frontières

Propos recueillis par Julia Lemoine

Dans son second opus « Oriental Delight », El Calife continue de repousser les frontières et nous apporte en quelques accords et rythmiques les sonorités issues de pays lointains que ce soit de l’autre coté de la Méditerranée ou au cœur des pays asiatiques. Interview avec Le Calife de Montpellier.

Tu es sur différents projets musicaux en même temps, as-tu besoin de cet éclectisme pour t’épanouir musicalement parlant ? 

Oui, je n’aimerais pas être dans un seul groupe et jouer tout le temps d’un seul et même instrument. J’ai besoin de toucher à tout, de faire de nouvelles rencontres, de varier les styles. Je suis un amoureux de la musique et pour moi, il n’y a pas d’étiquette, je peux passer d’une formation très « cold waves » à de la « world music » (Zumkotcha) en passant par le rock oriental des Boukakes sans oublier le spectacle de rue avec la compagnie Malabar. Cela peut être un peu déroutant, mais pour moi ce n’est que de la musique. D’ailleurs, El Calife c’est un peu un mélange de tout cela.

Justement, parlons d’El Calife, pourquoi ce nom ? 

C’était un surnom que j’avais à l’époque des Idées, un vieux groupe de Montpellier. Quand on m’a demandé un nom pour cette formation cela m’a paru évident.

Batteur confirmé, comment en es-tu arrivé à revêtir le costume de DJ ?

Pendant 15 ans, j’ai joué dans le même groupe et après notre séparation en 2000, j’ai eu envie et besoin de me retrouver seul afin d’aller au bout de mes idées. Je me suis donc entouré de sampleurs, de boites à rythmes et autres logiciels ainsi qu’un derbouka pour pouvoir jouer mes morceaux sur scène. Ce n’est pas vraiment un travail de DJ dans la mesure où je joue en live et je construis mon morceau en direct. Ensuite Fred m’a rejoint avec sa flopée d’instruments et nous sommes allés encore plus loin dans le live.

Comment se fait le travail en collaboration avec Fred Wheeler ?

Je n’aime pas les habitudes en musique donc il n’y a pas de règles. On se fait écouter les bases et les thèmes que l’on a créés chacun de notre côté puis on fait une sorte de bœuf pour enregistrer nos morceaux. Ensuite, j’écoute, je coupe, je déconstruit et reconstruit. On s’amuse à détourner les instruments, on emploie même des instruments asiatiques comme le dan bao ou russes comme la balalaïka. Ce qui m’intéresse, c’est de ne rien imposer, de le laisser s’exprimer et prendre les richesses de Fred.

Comment t’imprègnes-tu de la musique orientale ?

Tout part de mes origines… Le premier album était comme un fantasme, une sorte d’orientalisme. Il découle de mes souvenirs d’enfance, j’ai baigné dans cet univers chez mes grands-parents qui venaient d’Algérie. Je me suis imprégné des récits qu’ils me racontaient et des musiques qu’on pouvait entendre dans la cage d’escalier chez mes copains et mes parents. Après ce premier album, j’ai passé dix années avec le groupe Les Boukakes où nous avons fait le tour du monde, rencontré beaucoup de musiciens et vu d’autres cultures. Je m’en suis inspiré pour ce second album « Oriental Delight » et c’est pour ça que j’ai aussi repoussé les frontières, allant de Essaouira à Calcutta en passant par Stockholm.

El Calife « Oriental Delight »

En concert le 22/11 au Black out à 21h – 5€

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