HAMID BEN MAHI
La Géographie du danger
Dans le cadre de Montpellier Danse, le prestigieux chorégraphe et danseur de HIP HOP présentera un solo adapté du roman éponyme de l’écrivain, journaliste algérien Hamid Skif. Créée au CCN de La Rochelle, Jouée soixante fois, cette pièce connait un franc succès. Le thème de l’exil toujours d’actualité est traité ici en profondeur, à travers la gestuelle et les paroles de Hamid qui endosse l’histoire tragique de ce clandestin contraint de se cacher dans une chambre de bonne pendant de longues années. Il nous fait vivre ses rêves et désillusions, ses douleurs, sa perte d’identité, l’exclusion. Sa danse urbaine est belle, intense, révoltée, pour comprendre le malheur, l’attente, d’une aide qui ne vient jamais, Force et rareté, le mot survie prend ici toute son ampleur …sur la scène du Théâtre Jean Vilar.

« Est-ce une vie que de quémander chaque jour un instant de liberté ? Ici, je suis libre sans pour autant exister ». Hamid Skif
Après des études au conservatoire de Bordeaux en 1996, il entre à l’école de Rosella Hightower à Cannes, puis part à New York suivre un stage de un an chez Alvin Ailey. En 2000 avec Sabine Samba il fonde sa compagnie Hors Série où il entame un processus de recherche sur l’identité du danseur de Hip Hop. S’en suivront des collaborations avec Philippe Découflé, Michel Swheizer,Jean-François Duroure, Kader Attou. Edition Spéciale, 2000, Chronics, 2002, Sekel en 2004, Existe Existe en 2005, Faut qu’on parle ! en 2006 ; On n’oublie pas créée à Montpellier en 2007 etc. Encore tant d’autres pièces qu’il expérimente à travers le monde…Mêler la danse Hip Hop à la parole ainsi que de se mouvoir vers d’autres univers avec des prises de positions humanistes constituent la particularité de son art.
Le cri du corps
Ici c’est une performance de corps et de mots. L’histoire se vit comme des flashs back. Les mouvements sont lents, erratiques, les muscles se tendent, s’étirent, se lient se délient. Les spasmes de douleur retenue explosent. Le corps devient parole et pousse, un déchirant cri qui vient de l’intérieur. Le Corps transi, de froid, de peur, de faiblesse, de faim, déploie une énergie incroyable, celle du désespoir dans un environnement sonore hypnotique et le timbre grave et émouvant de sa voix.
Hamid Ben Mahi est ici le porte-voix des exilés, des sans papiers dans une danse audacieuse qui interpelle…Il sert magistralement les mots de Hamid Skif. On ne peut que ressentir pour mieux comprendre…Du grand Art…
Fabienne Durand
www.horsserie.org
www.montpellierdanse.com
Jeu.9 et Ven.10 Fév. à 20H
Théâtre Jean Vilar
De 11 à 15 EUR