JEAN VARELA ET SON PREMIER PRINTEMPS
Du 1er juin au 1er juillet

Comédien, Jean Varela dirige depuis 2006 le théâtre Sortie Ouest sur le domaine départemental de Bayssan, près de Béziers. Il prend cette année la suite de Daniel Bedos à la tête du Printemps des Comédiens, l’une des vitrines culturelles du Conseil Général. Il dédie sa première édition à Gabriel Monnet (son ancien professeur décédé en décembre 2010), formateur d’art dramatique et pionnier de la décentralisation théâtrale.
IDEM : Quelle place sociale voyez-vous pour le théâtre public aujourd’hui ?
Jean Varela : Le théâtre public est baigné par les idéaux du Conseil National de la Résistance (CNR), notamment le partage et l’éducation populaire. Dans les temps présents, il est nécessaire de réfléchir le monde par le théâtre. Prenons par exemple la dernière adaptation des Misérables, ce grand roman d’amour et de politique. C’est l’espérance que le verbe, la culture en général puissent permettre l’émancipation de chacun. Parallèlement, le théâtre est un art collectif, une joie partagée au plateau, sur scène, avec le public.
C’est aussi le discours du théâtre des 13 Vents…
Quels sont vos liens ?
Par le passé, il y avait des partenariats de programmation entre Sortie Ouest et les 13 Vents. Aujourd’hui, avec la nouvelle direction, nous sommes en réflexion mais pour l’instant, rien de concret. Je pense qu’un festival comme le Printemps des Comédiens ne peut ignorer la présence du Centre Dramatique National [ndlr : Les 13 Vents]. Et réciproquement…
Comment rendez-vous concrète votre volonté d’ouverture ? L’art subventionné profite souvent aux mêmes…
C’est effectivement difficile. Cependant, j’ai organisé entre 40 et 50 présentations de saison de septembre à décembre pour Sortie Ouest. On a de bons retours, le bouche à oreilles fonctionne et les gens viennent peu à peu. Mais c’est un long cheminement… Le jazz moderne de qualité a une place de choix dans l’édition 2011 du Printemps, comme à Sortie Ouest d’ailleurs (Rabih Abou Khalil, Tigran Hamasyan, Antoine Hervé…) Pour traverser le long mois du festival, la musique apporte la respiration nécessaire. Nous avons d’ailleurs choisi de proposer des concerts à jauge réduite (700 places) pour que le rapport scène-salle soit celui d’un « salon de musique ». La programmation s’est faite avec Philippe Maurizi, je lui avais demandé d’inviter des artistes qui amènent leur culture musicale vers le jazz. Personnellement, ma formation musicale d’auditeur est tournée vers le classique, mais depuis plusieurs années, j’écoute également du jazz.
Propos recueillis par Benoît Guerrée
Programmation du Printemps des Comédiens
(1er juin-1er juillet) sur www.printempsdescomediens.com