L’ÉDITO
Quand c’est gratuit on y va pas parce ce qu’obligatoirement çà doit être nul. Quand c’est trop cher, on y va pas parce que c’est trop cher et quand c’est pas cher, on y va pas parce qu’on connaît pas. Bref, tout est bon pour rester à la maison à visionner du Youtube ou sortir boire une bière à 10 euros dans un des 100 clubs remplis à la gueule de gens qui ont eu la même idée au même moment et parce ce que c’est là qu’il faut être. Le «on» en question c’est l’étudiant dupliqué à 70000 dans notre belle
ville de Montpellier. Un vendredi soir de décembre, je me suis retrouvé au Rockstore avec 30 personnes (je les ai comptées – pas trop difficile !) pour assister à un concert de The Pack A.D., duo féminin canadien sous perfusion de bière et de punk rock blues déjanté. Une trentaine de titres balancés avec énergie et passion, le tout en une heure. Le ticket était de 11 euros, soit 10% plus cher que le verre cité plus haut. Si 1% des étudiants de la ville était venu découvrir cette pépite, la salle aurait refusé Du monde. Tout çà pour te dire, cher lecteur, que Montpellier n’a jamais été une ville rock et ne le sera jamais, hélas ! Voilà pourquoi depuis toujours les belles affiches rock passent sur Lyon et Marseille avant de s’échapper vers Toulouse. Car j’ai pris cet exemple parmi des centaines d’expériences vécues en ville sur un quart de siècle et si ce n’est pas le dj à la mode, le chanteur gendre idéal ou la star à la mode qui pointe son nez en ville, c’est le bide assuré et çà la toujours été ! Plus aujourd’hui qu’avant toutefois, ce qui n’est pas encourageant.
Le rédacteur en chef
Patrick Conte
Tout à fait raccord avec ce qui est dit plus haut. Hélas, dire que Marseille est une ville rock, relève d’un voeu pieux, et ce ne sont pas les groupes de la ville qui démentiront. Difficile de s’y frayer une place, une scène et un public.
Les phénomènes de masse à l’égard de ce qu’est devenu le rock ne cessent de faire circuler l’idée selon laquelle la musique se consomme le plus gratuitement possible. Mieux vaut donc garder sa tune pour les lunettes et la rock-attitude comme dans les pubs….Les temps sont durs.
Quant aux groupes, aux musiciens et aux artistes dont je fais parti, croyez-moi, la note est salée quand on veut arriver jusqu’à vous…
A bientôt,
Gil Solias