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LOFOFORA

Propos recueillis par Audrey APW

LOFOFORA DÉBARQUE AVEC UN ALBUM 100% ACOUSTIQUE. INTERVIEW DU CHANTEUR REUNO.

 

Aujourd’hui et après vingt ans de carrière, Lofofora change de trajectoire et se réincarne dans un nouvel album totalement acoustique. Album à l’orientation, certes rock, mais agrémenté de riffs plus folk et bluesy et de la voix de Reuno mise à nue, « Simple Appareil  » qui sortira le 6 avril ( AT(h)ome) est décharné des riffs rageurs habituels, dont les Lofo seuls, ont le secret. La mélancolie conjuguée à l’espoir, sont les maîtres mots d’un groupe qui n’est pas devenu sage pour autant. S’il s’en dégage une certaine sagesse, le triste constat sociétal que dresse Lofofora reste toujours là, même si, sur cet album, les mots projectiles d’hier se sont mués en d’autres, plus métaphoriques. Reuno, en pleine préparation de la tournée, nous dit tout !

25 ans de carrière et un nouvel album, totalement acoustique. Sortir de la zone de confort habituelle de Lofo, c’était le moment ?

Oui y a d’ça! mais si on y réfléchit, c’est aussi un exercice qui s’accorde bien avec ce qu’est le rock. Même si nous avons développé une identité, qui est la nôtre depuis vingt ans, on ne cherche pas à tout prix, à ressembler à ce que l’on est pas. Lofofora n’a jamais voulu être cantonné à une image un peu trop hermétique, et puis c’est quand même intéressant, artistiquement, de s’essayer à autre chose. Avec Phil et Daniel, ça fait longtemps que l’on fait de la musique ensemble, sur l’album précédent, certains de nos morceaux avaient été composés en acoustique et finalement électrifiés pour l’album, c’est aussi à ce moment là que l’idée nous ait venue. C’est Phil le premier qui a lancé l’idée et puis j’avoue, que le côté « sales gosses » qui ne sont pas là où on les attend, nous plaisait, beaucoup!

Décision unanime donc…?

Oui ! Et puis on fonctionne comme un vrai groupe. Quand il s’agit de prendre des décisions, elles le sont unanimement, si l’un d’entre nous n’est pas d’accord, le choix ne s’opère pas.

Quel est ton ressenti par rapport à ce nouvel album ?

Ça va peut-être paraître prétentieux, mais je suis très satisfait. Il faut savoir, que tout au long de cette nouvelle démarche, nous avons avancé dans le brouillard et cela à tous les niveaux. Du début des compos à l’enregistrement en studio, une année s’est écoulée,  beaucoup de morceaux sont passés à la trappe, ils ressemblaient trop aux anciens. Il a fallu tout réapprendre, ou presque et qui plus est appréhender  de nouveaux instruments.

Comment as-tu appréhendé le travail d’écriture du coup ?

Habituellement, j’écris toujours mes textes en fonction de la musique. Je prends la place que les musiciens me laissent, je me cale sur eux. La musique, plus violente, fait automatiquement, que mes textes sont plus fâchés, car de fait elle provoque en moi d’autres sentiments. Sur ce nouveau projet, au contraire, tout est différent. Sachant que tout l’album allait être acoustique, j’ai très vite appréhendé l’idée que j’allais être « à poil », il a fallu que je m’y mette sérieusement pour que textes soient raccords avec la musique mais aussi pour remplir l’espace qui m’était offert. Du coup, ils sont plus personnels et moins frontaux.

Finalement, tu es plus à l’aise dans quel répertoire ?

Comme j’ai beaucoup travaillé pour ce nouvel album, j’aurai tendance à dire que je me sens plus à l’aise en acoustique. Et puis c’est tellement nouveau pour nous, que nous avons hâte de partir en tournée pour défendre ce nouvel album et de confronter nos chansons au public. Et puis j’avoue, je suis un phobique des habitudes. Dans ma vie perso comme dans la musique que je fais. C’est d’ailleurs pour ça, que je m’investis dans plusieurs projets, j’’aime bien varier les plaisirs et les émotions.

Vocalement parlant, comment t’es tu approprié l’espace ?

Comme je te le disais, sur ce projet, je n’ai pas eu besoin de faire passer ma voix par-dessus la musique, je n’ai eu qu’à ouvrir la bouche pour que l’on m’entende tout de suite. Y compris pour les textes, cela m’a permis d’apporter plus de nuances, il y a toute une palette exploitable, j’ai essayé de m’en saisir. Et puis parallèlement à Lofofora, j’ai un autre projet, un peu dans le même sens, qui s’appelle « Madame Robert », projet assez rhythm and blues dans lequel j’exploite déjà ma voix autrement que dans Lofofora…

 …Et le travail en studio?

Il a fallu s’équiper de nouveaux instruments plus appropriés pour ce nouvel exercice. Daniel, par exemple qui n’avait qu’une simple guitare folk chez lui, a dû s’équiper et acheter une guitare adéquate, pareil pour phil, à la basse. Du coup, il a fallu appréhender les techniques pour s’accorder mais aussi, apprivoiser une autre gestuelle. Nous avons enregistré dans un studio MidiLive à Villetaneuse  prés de saint Denis, ce sont les studios de l’ancien label Vogue. Ce lieu est rempli d’histoires. L’enregistrement a été rapide, en sessions live, tout était dans la boite en une semaine.

La tournée qui se prépare, tu peux m’en dire un mot ? 

Oui d’ailleurs, je voulais préciser que Vincent notre batteur, parti faire un demi-tour du monde à vélo, est remplacé par Kevin Foley, du groupe Benighted, pendant 18 mois…Vincent reprendra, dès son retour ! A l’heure où on se parle, je ne vais pas te mentir je ne sais pas trop encore, à quoi ça va ressembler, puisque nous  rentrons en résidence à partir de ce week-end !

Parlons du rock inde maintenant. Aujourd’hui, il est plutôt absent des ondes, des salles et peine à rejoindre des affiches de festival. C’est une question d’époque selon toi ?

C’est sûr aujourd’hui, les jeunes sont plus intéressés par la musique électro ou urbaine. Mais de toute façon, cela est une question de cycle. Cela ne signifie pas pour autant, que les français n’écoutent plus de rock. Je pense même, qu’aujourd’hui, on ne propose plus comme avant, des sous-produits de ce qui se fait ailleurs et qu’au contraire, nous avons des groupes avec de vraies identités. Après, c’est sûr que d’un point de vue médiatique, heureusement qu’il y a les réseaux sociaux pour les aider à démarrer et se faire connaitre. Je trouve, au final, que la nouvelle génération se débrouille plutôt bien…

Oui, peut-être, mais sur la longévité c’est discutable non ?

Moi, je garde espoir. Regarde le marché du vinyle, qui aurait prédit qu’il remonterait comme ça ?

Pas de nostalgie des débuts ?

Pas vraiment…D’ailleurs, c’est un sentiment que je n’aime pas trop. Pour nous, la scène n’était pas très intéressante, très parodique. Il était au final, plus difficile à l’époque de se faire connaitre et de sortir un album. Aujourd’hui, même s’il est peut-être, plus difficile de faire des scènes, à cause des lois antibruit et autres freins, il est quand même plus facile de se faire connaitre.

Pour finir, quels conseils le chanteur de Lofofora aujourd’hui, donnerait-il à celui d’hier ?

Ce n’est pas grave, t’énerve pas comme ça! Ne prends pas les choses trop à cœur et apprends, le lâcher prise !

SORTIE D’ALBUM 

SIMPLE APPAREIL / AT(H)ome

6 AVRIL 

 

 

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