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MARC GAILLET

Par Sandy BERTHOMIEU

HUMAN NATURE

 Les contresens et aberrations de notre société sont mis en lumière dans les images de Marc Gaillet. La nature humaine ou plutôt le duel de l’homme face à la nature est au cœur de ce travail riche en signification et critique. La galeriste Annie Gabrielli accueille pour la première fois cet artiste visuel avec des pièces inédites. Tout juste rentré de Fotofever, la frénésie est encore palpable dans son studio, discussion avec Marc Gaillet et son assistante autour de ses œuvres.

Vous vous définissez comme plasticien de l’image, pourquoi ?

Je travaille toutes mes pièces artistiquement avec la création de décor, la fabrication d’objets…je suis dans la mise en scène. Me définir comme photographe serait à moitié juste, la photographie est un médium. Petit à petit, je tends à évoluer vers le volume. Je peux murir une pièce pendant plusieurs mois avant de la réaliser. J’accumule plein de petits objets, comme des figurines de soldats pour en faire une vanité. C’est une question sur le conditionnement à la guerre dès l’enfance !

L’humanité est un vaste sujet…

J’ai toujours des choses à dire. La question que je me pose est : que fait l’humanité sur terre ? En trois millénaires, l’homme n’a pas beaucoup évolué autrement qu’avec sa technologie. L’exemple de l’île de Pâques est frappant, la civilisation a disparu suite à la déforestation de l’île par l’homme… La perte du lien avec la nature provoque notre propre fin. Est-ce différent aujourd’hui ?

Dommage collatéral interroge aussi bien les trophées et les espèces en voie de disparition…

Cette série a débuté avec Voyage au bout de l’enfer où un tigre et un daim sont à côté d’une valise en peau de bête. Je réalise ce projet en collaboration avec le Zoo de Lunaret de Montpellier. L’espèce humaine est l’une des plus récentes sur terre, nous sommes 7 milliards et ce sont les animaux qui disparaissent… Le génocide (car oui nous pouvons employer ce terme) contre les rhinocéros est sordide, c’est quelque chose d’irrationnel au profit de la commercialisation ! Il y a un manque de réaction pourtant cela devrait être un projet de civilisation.

L’humain est-il bête ?

Je réalise le portrait d’animaux (tigre, rhinocéros blanc), ces images sont imprimées sur du verre épais et résistant. Puis dans la posture d’un braconnier, un impact de balle traverse l’image, cela révèle la force destructrice de l’homme. Lors de la réalisation, c’est un acte fort qui ne laisse pas indifférent. Je suis à la recherche d’émotions et de réactions de la part du public. Dire des choses, c’est aussi le rôle d’un artiste, c’est un déclencheur d’alerte !

 Un artiste militant ?

Je réalise mes pièces par rapport à l’actualité, je ne rentre pas dans un discours écolo mais je ne peux pas rester muet. Je suis en colère… la création permet de me calmer.

Exposition Human Nature

Jusqu’au 13 janvier 2018

Galerie Annie Gabrielli

Entrée libre

www.marcgaillet.com

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