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MARIE POMMEPUY

La sensibilité au bout du crayon

Elle forme avec son mari Sébastien Cosset le duo de dessinateurs Kerascoët (qui est aussi le nom d’un petit village breton où je suis allé en colo quand j’était petit NDM) dont on a apprécié le talent sur la série Miss Pas Touche, il y a deux ans avec le sublime et troublant Jolies Ténèbres et cette année avec les premiers tomes de Beauté et de  l’étonnant Voyage en Satanie.

Quelles sont vos inspirations ?

Je ne suis pas lectrice de BD. C’est la fiction en générale qui m’intéresse. Egalement les livres, le cinéma, la photographie et beaucoup d’illustrations pour avoir des images en moi et les retranscrire en dessin. Je ne connais pas les classiques de la BD. J’en ai feuilleté mais je ne trouve pas cela si évident à lire. Dans nos BD, des étrangers qui les
achètent nous en ont fait la réflexion, la narration est très fluide. On n’est pas dans une cole. Les dessins viennent plusdu croquis ou de l’illustrationque de la BD.

Vous participez aux scénarios ?

Toujours, c’est très important. Je ne pourrais pas dessiner quelque chose que je ne comprend pas, si les intentions des personnages ne sont pas évidentes ou si l’univers nous intéressemoins. Il faut que cela vienne d’une envie commune sinon ça n’a aucun intérêt.

Il y a des discussions autour des couleurs ?

Ce sont surtout des envies. Dans Voyage en Satanie, la principale difficulté était d’être «réaliste» au niveau des décors pour ne pas faire croire que l’on était dans un corps et laisser penser que c’était la suite de Jolies Ténèbres. Cela nous a un peucontraint graphiquement. Mais on avait envie d’oser des couleurs kitch, limite de pas bons goûts. C’est ça le plaisir d’être en couleur directe, de tenter des choses, d’avoir une évolution tout au long de l’album.

Parlez nous du décalage qu’il y a dans vos BD entre le style de vos dessins et les atmosphères ?

Ce n’est pas une recette, c’est toujours malgré nous. Quand je dessine les personnages, il y a un dessin assez ouvert qui fait très jeunesse alors que je n’ai jamais voulu m’adresser à des enfants. Le décalage vient de là. J’ai l’impression que l’on est pas dans ce qu’il faudrait faire pour le lecteur.

Dans quel état émotionnel sortez-vous de vos BD ?

Pour Jolies Ténèbres cela a été très dur. On a continué à faire des dessins. On a fait une expo, nous étions tellement imprégnés. C’était dur car à chaque fois qu’un  personnage disparaissait et on se disait que c’était la dernière fois qu’on le dessinait. Avec Voyage en Satanie ce n’est pas triste. Pour le moment, il y a beaucoup de personnages. Charlie, on ne sait pas encore qui elle est mais on sera vraiment avec elle. C’est quelqu’un qui traverse une aventure, elle est plutôt positive, volontaire. Ce n’est pas une pleurnicheuse comme Miss Pas Touche.

 

Propos recueillis par Cédric Nithard
Voyage en Satanie, tome 1, Kerascoët et
Fabien Vehlmann, Editions Dargaud.
Beauté, Tome 1 : Désirs exaucés, Kerascoët et
Hubert, Editions Dupuis.

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