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MUSÉE DE LODÈVE

La trace et l’empreinte

Propos recueillis par Patricia Bussy

Après quatre années de travaux, la cité héraultaise était impatiente d’annoncer la réouverture de son musée. L’innovante muséographie met en valeur des collections remontées des réserves. Le fonds du sculpteur Paul Dardé notamment. Son Grand faune, œuvre monumentale, a inspiré la thématique de l’exposition temporaire. Ivonne Papin-Drastik, la conservatrice en chef, commente pour nous l’ambitieux projet.

Des espaces agrandis et une nouvelle mise en scène pour les collections.

L’ancien musée logeait dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, dont nous avons gardé la façade. Nous voulions une complète rénovation ainsi qu’une extension contemporaine. Un geste architectural fort que l’on doit à Daniel Meszaros, du cabinet Projectiles.

Avant, on venait au musée surtout lors des expositions temporaires.

Un musée, c’est avant tout une collection. Effectivement, le fonds permanent de Lodève n’était pas mis en valeur. Le défi de la Communauté des Communes du Lodévois et Larzac était de faire de son musée un objet structurant pour ses collections, de nature très différente : les sciences de la terre, géologie, paléontologie ; la collection d’archéologie du néolithique final, une période importante, quand l’homme se sédentarise, passe de chasseur-cueilleur à éleveur-agriculteur. Enfin, le fonds d’atelier du sculpteur Paul Dardé (1886-1963). Le projet était de relier ces trois collections autour de l’idée de la trace et de l’empreinte.

On découvre l’œuvre d’un artiste historique, qui travailla un temps dans l’atelier de Rodin. Un sculpteur de la région injustement oublié ?

L’ancien musée conversait le fonds Paul Dardé (600 sculptures et 2 700 dessins). dans ses réserves, de petits espaces, où les œuvres étaient entassées. Il a fallu toutes les inventorier, consulter les archives puis les restaurer. Aujourd’hui, un parcours de 250m2 est consacré à ce sculpteur unique. Son Grand faune mesure 4 mètres et pèse 14 tonnes ! Il était en dépôt à Lodève depuis 2006 mais, à l’époque, l’emplacement prévu ne pouvait supporter ce poids. On a dû le laisser dans un entrepôt. J’ai demandé à l’architecte d’intégrer l’œuvre monumentale dans le parcours du musée.

Le faune, être mythologique, érotique, mystérieux… un thème tout tracé pour l’exposition temporaire ?

En 2006, certains Lodévois se rappellent de l’arrivée du Grand faune en semi-remorque. Après ils ne l’ont plus jamais vu ! Pouvoir le montrer à nouveau – de manière permanente -, c’est un élément fort pour le musée. Placé au rez-de-chaussée, il peut faire le lien entre le temporaire et le permanent. Avec 170 œuvres au total, peintures, dessins, sculptures, céramiques, du Ve avant JC au XXe siècle, le faune a beaucoup inspiré les artistes.

« Faune, fais-moi peur ! » jusqu’au 7 octobre

Square Georges Auric

Tel/04 67 888610

www.muséedelodève.fr

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