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NICOLE ESTEROLLE

Critique des schtroumpfs émergents

Au fil des 41 chroniques publiées sur son site, Nicole Esterolle, critique d’art, apporte une vision personnelle et virulente sur l’art contemporain et son système institutionnel et économique. Certains lecteurs se retrouvent, d’autres s’agacent de cette approche sans tabous. Voici un jeu de questions-réponses par mails pour conserver son anonymat…

Image de profil facebook de Nicole Esterolle

Pourquoi avoir choisi d’écrire sous pseudonyme ?

Pour parler de cet art dit contemporain, produit d’ahurissantes dérives venant tout autant des logiques propres à la culture institutionnelle que de celles du financial-art, j’ai préféré utiliser un pseudonyme. Le plus important ce sont les informations et les éléments de réflexion que je fournis et non mon identité réelle. La personnalisation du propos me semblerait contre-productive et introduirait un mélange des genres troublant, entre l’action notoire que je poursuis sous ma vraie identité pour la reconnaissance des artistes d’aujourd’hui, et mon action « clandestine » pour le démontage des divers mécanismes qui empêchent cette même reconnaissance.

Le statut de journaliste :

Il existe de fait une sorte d’omerta ou d’insidieuse dictature d’un politiquement correct de type soviétique, qui empêche les journalistes et chroniqueurs d’art d’informer complètement, de faire un vrai travail d’analyse et d’investigation sur les coulisses de cet art contemporain, car il en va de leurs piges ou de leur poste. Moi, je suis une critique « free lance » et je pourrais très bien « assumer » ce que j’écris !

Pourquoi la presse culturelle spécialisée a, majoritairement, refusée de publier vos textes ?

Le magazine Artension est le seul à m’avoir publié sur papier. Merci à lui. Mais mes textes sont diffusés sur des magazines en ligne, des blogs et des sites indépendants. Ce qui est très paradoxal, c’est qu’en ce temps de provocations artistiques toujours plus extrêmes et terrifiantes qui ne dérangent plus personne, mes textes, eux plutôt sympas et ludiques dérangent à ce point la middle classe culturolâtre et duchampiste.

Les institutions culturelles :

Hors des cent ou deux cents lieux institutionnels, musées et Centre d’art ou para-institutionnels subventionnés, donc vecteurs pour la plupart (pas tous) de l’esthétique à la fois étatique et du grand marché spéculatif, il existe des milliers de lieux d’art indépendants, généreux, courageux, prospectifs, qui montrent l’art qui se fait aujourd’hui, bon ou mauvais, plus ou moins intéressant, mais qui laisse chacun libre de choisir. L’ensemble est le reflet exact de la diversité et de la richesse de la création actuelle. Il ne faut pas oublier que c’est parmi ces 95% des artistes que l’institutionnalité méprise, que résident les créateurs inattendus qui auront valeur patrimoniale et non les artistes sans surprise, agréés par l’administration.

Justement, les artistes :

Il y a tant de bons et grands artistes. Des « vénérables » comme Segui, Velikovic, Rustin, Klasen, Kieffer, pour ne citer qu’eux, et puis une fantastique et abondante nouvelle génération de jeunes, dont les fonctionnaires de l’art se foutent complètement, trop occupés à couver leurs petits « schtroumpfs émergents sur la scène artistique internationale » jeunes artistes faiseurs opportunistes aux dents longues, frais émoulus des Ecoles de Beaux-arts.

Les commentaires des lecteurs sur votre site sont nombreux, comment expliquez-vous cet engouement ?

J’ai en effet des quantités de témoignages d’artistes et de galeries qui, en lisant mes chroniques, disent se sentir moins seuls et reprennent courage et espoir dans leur travail. Et cela bien sûr, me conforte aussi dans mon travail de joyeux flingage de la crétinerie artistique dominante, de la perversité et du cynisme liés à la folie financière.

Dans vos textes, on comprend une opposition à l’art officiel (comme il en existe à chaque époque de l’histoire de l’art). La création contemporaine est-elle entièrement formatée ?

Oui, parce que le plus insupportable, dans ce qu’on vit aujourd’hui dans le domaine de l’art, c’est de voir cette collusion patente entre le dispositif public et les intérêts privés, cette espèce de liaison structurelle entre l’idéologie esthétique d’Etat et celle du grand marché spéculatif et de voir que l’argent public, au lieu de soutenir les artistes, est utilisé pour valoriser encore plus les produits artistico-financiers les plus pourris ou toxiques. Toxiques oui, les Koons, Murakami, Hirst, Cattelan, Delvoye, Favre, etc. Il faut non seulement le dire, mais expliquer pourquoi et comment ces produits sont fabriqués…

Une pensée décalée à découvrir sur : www.schtroumpf-emergent.com.

 

Propos recueillis par Sandy Berthomieu

 

Légende visuel : Image de profil facebook de Nicole Esterolle

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4 Comments

  1. c’est pat Artension que j’ai connu Nicole Esterolle je suis avec intérêt ses chroniques qui amènent un air frais par ces temps de disette … plus de critiques d’art dans les villes, que du bla bla d’apprentis journalistes entre le foot et les chiens écrasés!
    Sur la France ou Paris, le même engouement pour la  » chose officielle » tous du même avis: c’est beau, c’est grandissime… le reste vous pouvez crever: vous n’existez pas !

  2. Bonjour,

    je n’ai pas le verbe pourtant je comprends clairement votre langage l’Art contemporain est pertubant. Le temps est au réchauffement, la nature se transforme, somme-nous en mutation? j’ai bien peur d’un dérèglement de l’ETHIQUE
    Merci de vous lire et de votre vision sur les dérives actuelles.
    André Liez

  3. Lu et approuvé.

  4. marre de voir des horreurs ou les femmes ont des corps a faire fuir . je vois que les artistes ont faites les grandes écoles des beaux arts qui nous montres rien de beau . comme une certaine artiste sylvie lohamann qui ce prend pour la plus grande artiste peintre . j ai vu son travail de merde & de plus nous fais une certaine moral sur notre travail . tous ces artites qui ce disent de grande qualité exposent & vendent leurs toiles a des prix c est du n importe quoi

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