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OLIVIER MARTINELLI L’ATTRAPE ROCK

Olivier Martinelli est coupable d’avoir écrit l’un des meilleurs livres de l’année passée. Un crime qui reste injustement impuni. Brillant et puissant, La nuit ne dure pas prend aux tripes et fascine par sa virtuosité. L’histoire romancé du vrai groupe Kid Bombardos composé des trois neveux de l’auteur.

Cela t’a semblé une évidence de raconter cette histoire ?
La première partie Fanzine est sortie en 2006. Cela avait été écrit un peu dans l’urgence parce que je sentais l’ainé de mes neveux en perdition. Le groupe n’existait pas à l’époque ou du moins il n’était jamais sorti d’une chambre. J’ai écrit cette histoire pour lui parler, pour lui expliquer qu’il y avait une issue. Après la parution on me demandait pour quand la suite ? Je n’en avais pas envisagé et je ne me posais pas la question. En 2009, mon frère m’appelle pour me dire que les Kid Bombardos faisaient le Printemps de Bourges. Je suis monté à Bordeaux. Toute l’histoire de Trafic est venu sur le trajet vers Bourges. En revenant, je l’ai écrit en deux mois. Pour ne pas que le troisième frère soit jaloux, j’ai fait une troisième partie. Celle qui m’a posé le plus de problème pour éviter les redites.

Tu fais dire à l’un de tes neveux que secrètement « tu te voyais comme le plus grand écrivain ».
En fin de compte personne ne le dira pour moi donc je le fais dire à quelqu’un d’autre (rires). Je me mettais dans leur peau et j’essayais de voir comment ils me percevaient. J’aurai bien aimé qu’ils me voient comme ça, qu’ils sentent cette ambition. J’ai une grand modestie mais j’ai aussi une grande arrogance qui fait que je ne me laisse pas impressionner par des écrivains. J’idolâtre John Fante. Je suis chez 13eNote qui édite beaucoup d’américains comme Dan Fante, Jerry Stahl, Tony O’Neill… En toute humilité je me sens au niveau.

Antoine donne sa définition du style : « un truc aigre et salé qui coule en lui comme des larmes », c’est ce style qui fait la différence entre la littérature américaine et la littérature française ?
Cela pourrait. Je pense que la littérature américaine est plus dans l’émotion. Ils ont un style plus direct. Ils ont toujours ça en ligne de mire. Alors que, sans faire de généralités, la littérature française est plus intellectuelle. On va montrer à quel point on est intelligent, on a une théorie sur tout. Ce ne sont pas des choses qui vont me toucher.

Dans le livre, le groupe émerge quand la vie de chacun des membres s’apaise. Est-ce un désaveux de la philosophie « Sex, drug and rock’n’roll » de Ian Dury ?
Je voulais prendre le contrepied de cette théorie, éviter les clichés. Quand le groupe émerge, c’est leur issue de secours.

Propos recueilli par Cédric Nithard

Olivier Martinelli, La nuit ne dure pas, 13E Note édition.


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