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PEEMAÏ

La musique du Mekong revisitée

Propos recueillis par Patricia Bussy

Au sein du collectif Koa (Montpellier), le quartet de Frank Vaillant (drums), Hugues Mayot (sax, claviers) avec David et Alfred Vilayleck (guitares) fait dialoguer les chants laotiens avec ses compositions ou des impros. Le fameux batteur évoque un carnet de routes qui fait rêver. Dans ce world jazz, pas d’exotisme mais un vrai échange entre les cultures.

Crédit photo : Sophie Torcol

L’histoire de cet album, c’est ce qui peut arriver de mieux à des musiciens voyageurs !

Je suis allé au Laos une première fois avec Arthur H. Le soir, dans les bars, on pouvait assister à des concerts live de mo lam. On est tombés sous le charme. J’ai aussi vécu des moments privilégiés dans des temples avec des musiciens qui jouaient des airs rituels. Plus tard, je suis retourné six semaines au Laos. J’ai parcouru le pays en bus où l’on écoute beaucoup de musique à la radio. Les chauffeurs souvent me donnaient des K7… voila c’est ça le premier contact avec la musique lao. Sur place, j’ai rencontré des musiciens, certains m’ont accueilli chez eux, je vivais chez l’habitant. J’ai pris leurs adresses… En France, j’ai rencontré les frères David et Alfred Vilayleck, qui vivent à Béziers et Montpellier. Ça c’est passé lors d’un festival du collectif Koa, où je jouais avec Magik Malik. Quand j’ai vu Alfred, j’ai tout de suite pensé qu’il était originaire du Laos. On a accroché tout de suite… On a joué ensemble et, finalement, on a décidé de faire un projet autour de la musique du Mékong. J’ai contacté un ami qui travaille à Vientane sur une collection d’enregistrements de chants traditionnels. Un patrimoine qui est amené à disparaitre car malheureusement ça n’intéresse pas du tout les plus jeunes.

D’où viennent ces chants traditionnels ? De la religion ?

Non c’est du blues ! A l’origine, ces chants laïques viennent du sud de la Thaïlande. Ils remontent au XIXe siècle. A la fin des années 1970, ils ont été électrifiés avec l’ajout de guitares, basses, etc. Sur notre album, chaque morceau célèbre une région. Aujourd’hui, ils restent populaires… Un soir, on a joué à Saint-Claude (Jura). Il y avait une communauté d’une soixantaine de Laotiens dans la salle. Dès qu’ils entendaient un chant, ils le reprenaient en chœur. Ils ne nous ont pas saboté le concert mais ils étaient déchainés !

Les chanteurs invités sur l’album vous accompagnent-ils sur scène ?

Oui, c’est possible. Pour l’instant, on propose le projet en quartet ou bien à six avec une chanteuse et un musicien traditionnel du Laos. Mais nous ne sommes pas fermés sur ce pays. En 2019, on prévoit de partir ensemble en Indonésie, pour rencontrer des musiciens traditionnels, enregistrer avec eux et faire une grosse tournée en Asie du Sud-Est.

collectifkoa.com/cartist/peemai/

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