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REBECCA DEMOTTE

Par Patricia BUSSY

 

REBECCA DEMOTTE, COTE OUEST, SAI

Quatre années passées aux États-Unis, ça marque ! Ce que l’auteure a vécu là-bas l’a fortement inspirée. Larguée dans la middle class américaine, son héroïne, telle une Emma Bovary des temps modernes, traverse tout son 1er roman. De retour en France, à Pignan exactement, la jeune femme reprend ses notes et finalise son livre fiction réaliste.

Tous ces petits détails observés au cœur de la cellule familiale américaine

En effet, je voyais toutes ces femmes à la recherche de modernité mais très proches de valeurs familiales, des célibataires indépendantes qui désespèrent de ne pas être mariées, celle qui ne peut envisager un divorce ou avoir un fils homosexuel. Je voulais montrer les difficultés rencontrées par certaines pour travailler, l’assurance sociale limitée, la sécurité omniprésente… Mes deux enfants sont nés en Californie, j’ai donc fait l’expérience de la maternité auprès de ces mères américaines. Je m’en suis servie pour dépeindre cette société déroutante.

Le titre du roman

Au début du roman, Nina ne s’aime pas physiquement, elle déteste ce qu’elle devient dans l’oisiveté. Utiliser son corps comme moyen d’expression, c’est sa façon à elle de retrouver confiance en elle. Grâce à la danse, elle deviendra plus forte. Le corps, c’est aussi le désir. Elle ne ressent plus rien pour son mari alors qu’elle est attirée par Daniel, le prof de danse, jeune, musclé. Un beau corps parfaitement dessiné qui cache une âme peu recommandable.

Une French Desperate Housewives

Lorsque je regardais la série, j’y voyais une caricature. En réalité, si l’on exclut les intrigues romanesques, les héroïnes sont quatre stéréotypes féminins bien réels. Les femmes américaines permissives ne vivent que pour leurs enfants. Elles sont souriantes, s’en occupent avec dévotion, toutes persuadées de faire les choses comme il faut. Mais cette perfection n’est qu’apparence. Leurs babies sont des petits monstres, leur vie est imparfaite mais elles veulent faire croire à un bonheur sans tâche.

Un regard sans concession

Nina, en tant qu’étrangère, ne comprend pas ce qu’elle a sous les yeux. Mal dans sa peau, elle porte souvent son regard sur les aspects négatifs de la vie en Californienne ; elle compare toujours avec la France. De mon point de vue, il faudrait nuancer, même si j’ai eu du mal avec cette société. Et les choses ont empiré lorsque nous sommes arrivés à Houston, encore plus puritaine. San Francisco, en revanche, est très cosmopolite. La ville et ses alentours regorgent d’art et culture, architecture, expositions, spectacles et, bien sûr, la danse.

Danse classique et l’expression contemporaine

J’ai enfilé mes premières demi-pointes à 5 ans. La danse fait partie de ma vie, encore aujourd’hui. J’ai connu la rigueur des conservatoires français et j’aime la danse classique. Aux États-Unis, j’ai commencé le contemporain, qui demande un autre rapport à son corps, plus souple, plus libre, qui m’a permis d’exprimer plus. Là-bas, tout le monde, qu’importe son âge ou sa corpulence, est libre de danser et d’en faire son métier.

Rebecca Demotte, La théorie du corps (Les Presses Littéraires)

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