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SABRINA AMBRE BILLER – VIRGINIA MONS

Particules d’encre

 Artiste pluridisciplinaire, Sabrina Ambre Biller dévoile avec ce premier livre publié chez les éditions Les Presses Littéraires un regard sur la beauté et les travers de l’humanité. La sensibilité de l’auteur est une respiration poétique et graphique livrée avec finesse ; un autre regard sur le monde est possible…

 

Sabrina Ambre Biller, janvier 2017 à Montpellier

Sabrina Ambre Biller, janvier 2017 à Montpellier

Quelle est la genèse de ce livre ?

Ce travail avait déjà une existence où le texte et les images étaient combinés. L’origine de cette idée de livre est une rencontre avec l’éditeur des Presses Littéraires (basé dans les Pyrénées-Orientales). Nous avons beaucoup échangé et imaginé ensemble la ligne éditoriale afin de révéler un fil conducteur, une narration entre les pages. C’était le bon moment pour donner une enveloppe, une matière à ce travail.

 

C’est votre premier livre, cette rencontre a été le déclic ?

Je n’avais pas encore mis en questionnement la forme de l’édition d’un livre, mais c’était déjà là, peut-être inconsciemment. Cette proposition a été le déclencheur ! Je ne sais pas si de moi-même j’aurai fais cette démarche. C’est un travail plutôt intime et encore récent, différent de ma démarche photographique. Finalement, j’ai accepté cette partie de moi déjà là pour présenter ce projet.

 

Qui est Virginia Mons ?

C’est un hétéronyme, je n’utilise pas le mot pseudonyme volontairement. C’est ce qui se détache de soi, le possible, l’impossible… Au départ, Virginia Mons est un espace de liberté avec un travail de dessins érotiques.

 

Particules d’encre, pouvez-vous expliquer ce titre ?

Une particule est un petit élément qui ponctue le temps et l’espace, un silence entre deux mots, une inspiration, cela peut aussi être un cri ou une tension. Avec l’encre, il y a quelque chose à la fois constant et aléatoire, à l’image de la tâche qui se diffuse toujours sur le papier mais de façon incertaine.

 

Dans ce livre, il y a une dualité, presque un paradoxe entre douceur et révolte…

L’humanité est faite de dualité. Nous possédons les deux aspects en nous, aussi bien l’instinct primaire que la conscience et la beauté. On peut partir de cela pour en faire une création, pour moi c’est une matière brute que je travaille jusqu’à l’alchimie. C’est assez facile de représenter la laideur, ce n’est pas mon angle, je recherche plutôt la beauté des choses. J’ai besoin de poésie, elle m’entoure, c’est un filtre pour voir le monde. Le premier texte en ouvrant le livre est L’œuvre au noir, c’est une référence alchimique qui tend à aller dans l’obscur, dans le décharné sans pour autant être dans la colère…

 

Dans les textes, les humeurs humaines sont décrites…

Les petites phrases sont les vices, le côté obscur qui reflète la personne que l’on a en face, c’est aussi les petits défauts que l’on a en nous et que l’on veut cacher. Ce n’est pas forcément un morceau de moi mais davantage un petit coup de gueule sur l’humanité et le caractère de certains.

 

Il y a également une série de phrases numérotées évoquant un jeu de tarot !

En effet, c’est juste, ces numéros sont un jeu, je joue avec ces vingt-deux phrases. C’est un travail que j’ai commencé mais que je n’ai pas encore abouti, je réfléchis beaucoup à la conception d’un jeu avec ses propres personnages, ses propres règles, cela demande du temps et un cheminement intérieur.

 

Quel est le ressenti de vos lecteurs ?

Généralement, ils sont assez pudiques sur ce sujet, c’est un livre qui s’adresse à eux-mêmes. La poésie permet une suspension, un retour avec soi où une phrase vous fait écho, comme une voix intérieure.

 

 

 

Propos recueillis par Sandy Berthomieu

 

 

Sabrina Ambre Biller et Virginia Mons

Particules d’encre

Editions Les Presses Littéraires

Collection : La petite épicerie de la poésie

www.lespresseslitteraires.com

www.fragmenter.fr

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