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SÉBASTIEN MIRO

Oscar

Propos recueillis par Alexandre Seba

Avec Oscar, son premier roman, illustré par Sébastien Spagnolo, Sébastien Miro présente un personnage aussi singulier qu’attachant. Empreint d’une large part de lui-même — plus ou moins masquée — et inspiré par ses auteurs favoris (Tim Burton, Luc Dietrich, Bill Watterson…), Oscar raconte une vie de squelette parmi les vivants. Avec des yeux craquants d’enfant… mort-né !

Crédit photo : Catherine C.

Qui est Oscar ?

C’est la part que l’on a tous en nous, qui est délaissée de toute apparence, toute illusion, tout costume. Cette part que l’on écoute très peu souvent, intuitive, très fragile et en même temps extrêmement forte. C’est donc un personnage de paradoxe : à la fois mélancolique et cynique, fort et sensible… Il nous ramène à nos propres paradoxes.

Comment est né ce personnage ?

A la base je suis comédien mais je rêvais depuis longtemps d’être écrivain. Je me suis arrêté il y a quatre ans pour me consacrer à l’écriture et à mon travail actuel, dans un théâtre. Et donc est né Oscar, autour de l’idée du monologue d’un squelette ; mais c’est resté deux ans dans un tiroir…

Pourquoi ?

Au départ je l’avais juste fait pour moi, par plaisir, même si j’avais un fort degré d’exigence. Je n’osais pas le montrer car j’estimais que ça n’avait aucune valeur et ne pouvait pas intéresser grand-monde. Et puis j’ai fini par le faire lire à quelques proches qui m’ont encouragé à le faire publier… Le vrai déclencheur a eu lieu quand un de mes collègues du théâtre de Pézenas m’a demandé d’en faire une lecture sur scène. Tout est vraiment parti de là.

Le livre est illustré par Sébastien Spagnolo…

Je l’ai rencontré via une connaissance commune. C’est un génie du dessin ! Je lui ai laissé carte blanche mais au début il n’arrivait pas à trouver comment illustrer Oscar. Tout s’est débloqué quand il a vu le spectacle. A partir de là il m’envoyait un dessin par semaine. C’était à chaque fois très exactement ce que j’aurais voulu dessiner. C’était jubilatoire !

Comment décrire l’univers de ce livre ?

Cela s’adresse aux adultes, car c’est très psychanalytique et écrit au dix-huitième degré, mais ça convoque un univers d’enfant… J’ai une écriture introspective, mais j’ai aussi énormément de garde-fous et une ligne de conduite ; c’est-à-dire que cela doit être un prétexte à littérature et à l’universalité. Je me sers de moi-même pour apporter une part de vérité et de profonde sincérité, en faisant hyper gaffe à ne pas trop être dans le « moi je ». Je jongle entre l’intime et la part inventée, fantasmagorique, imaginaire… Je mets au défi qui que soit de dire ce qui est vrai ou faux dans Oscar par rapport à moi !

Oscar, Editions Syel.

Adaptation d’Oscar au Théâtre de Pézenas du 3 au 5 mai.

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