VINCENT DUPONT
Bine-Air
Le chorégraphe atypique Vincent Dupont n’en finit pas d’explorer le son à travers la gestuelle. Dans le cadre de « Domaines » la scène de l’Agora, Cité Internationale de la Danse de Montpellier nous proposera le 8 décembre Air une suite expérimentale du spectacle Bine inspiré du texte de Charles Pennequin. Cette nouvelle performance sera interprétée par une danseuse accompagnée de « Ecume » l’Ensemble Choral Universitaire de Montpellier sur une musique de Valérie Joly
«Tenter de dialoguer à l’intérieur d’un
espace respiratoire commun pour écrire
une partition ensemble. Ou comment
respirer la danse avec un choeur et
inversement ». Vincent Dupont
Comédien de formation, le danseur signe ses premières collaborations en tant qu’interprète avec Hubert Colas et Boris Charmatz, puis, progressivement éprouve l’envie de conjuguer le théâtre à d’autres arts, notamment la danse contemporaine, discipline à laquelle il se donne corps et âme ainsi que les arts plastiques. Au cinéma il joue pour la célèbre cinéaste Claire Denis dans « J’ai pas sommeil ». Avide d’expérimentations visuelles et sonores, il est le créateur de Verdict en 1999, une pièce de théâtre expérimentale adaptée d’une nouvelle de Kafka, Jachères improvisations,de Hauts Cris (miniature) inspiré par l’oeuvre d’Agrippa d’Aubigné auteur du XVI è siècle, Incantus, Souffle et Bine à laquelle il donne ici une suite. Subliminales sont ses belles pièces poétiques surprenantes car elles sont messagères d’émotions, de réflexions métaphysiques. Les chorégraphies de Vincent Dupont sont des sortes de filtres des mots, noces de l’imaginaire et du réel.
Théâtre de corps Bine est un texte traitant de la mort sous toutes ses formes. Ici la performance dansée incite au questionnement sur l’image télévisuelle, le formatage, le manque d’inspiration. Une danseuse est installée sous verre, et va explorer cet espace cathartique, s’extraire, retrouver ses mémoires archaïques, sa respiration, son identité, pour ne pas mourir, mais vivre. Air est la suite logique que le chorégraphe a imaginée cette année pour « Domaines » proposée par la cité Agora. Air c’est le poumon, le coeur insufflé par le choeur de chanteurs. Comme si la musique entrelacée avec le souffle devenait geste délivrant les pensées. Les chaos sont mis en lumière, la vie triomphe de la mort omniprésente (si l’on peut se permettre l’oxymore), le visible pénètre l’invisible. La danse de Vincent Dupont est une mise en scène de tous les possibles, et ne peut qu’être jubilatoire car libératrice même pour le spectateur !