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VISIONS D ‘APOCALYPSES

La destruction des villes

 

La silhouette délabrée d’un immeuble s’élève vers le ciel. À son pied, un champ de gravats, une ville dévastée suite aux bombardements de la Seconde guerre mondiale. Ces photographies grand format, témoins d’un passé sombre, côtoient  des clichés contemporains de villes fantômes. Une exposition poignante à voir au Pavillon Populaire jusqu’au 12 février.

Leonard Sempolinski : Place du marché de la vieille ville, Varsovie, mai 1945 © Galerie Nationale Zacheta, Varsovie


Gilles Mora, vous êtes le directeur artistique du Pavillon Populaire. Pourquoi cette envie d’exposer des clichés apocalyptiques?
Avec le commissaire invité, Alain Sayag, nous voulions présenter une exposition qui sorte de l’ordinaire. Ces images n’ont été pratiquement jamais montrées en Europe. Elles témoignent de la fragilité des villes, comme lors de la destruction organisée de cités allemandes par les Alliés, suite aux impératifs de l’époque. Nous faisons ensuite un parallèle avec le travail de photographes contemporains, qui ont développé une obsession autour de ce thème de disparition des villes.

A-t-il été difficile de se procurer les photographies anciennes?
Alain Sayag, s’est rendu en Pologne et en Allemagne. Il a eu accès à des archives, assez facilement. Souvent nous travaillions à partir de négatifs, et en avons fait des tirages modernes. Mais les fonds historiques comportent aussi des photos d’époque.

Ces photographies sont un formidable témoignage historique. D’un point de vue artistique, qu’est ce qui vous attire dans ces grand formats  ?
Ce sont des documents, qui peuvent avoir un caractère esthétique, mais le but n’est pas de présenter de «  jolies photos  ». C’est une exposition originale, qui peut être dure. On veut faire réfléchir  : pas besoin d’optimisme béat dans toutes les expositions.

Quelle est la démarche des photographes?
Au lendemain de la guerre, il y avait peu de matériel, mais les photographes ressentaient le besoin de témoigner de l’horreur, de l’étonnement. Des villes ont été absolument anéanties  : à Dresde, 45 000 personnes ont été supprimées en une nuit.

La majorité des clichés présentés sont dépourvus de présence humaine. Est-ce un choix  de votre part  ?
Non, les clichés sont ainsi. Les photographes ont pris le parti de témoigner en montrant les ruines, et il faut dire que les villes étaient vidées de leurs habitants. Sur les clichés contemporains, certains photographes anticipent la disparition des humains en les effaçant numériquement.

 

Propos recueillis par Tatiana Tissot

«  Apocalypses, la disparition des villes  »
Jusqu’au 12 février au Pavillon populaire
Sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle à Montpellier
Du mardi au dimanche de 10h-13h et de 14h-18h
Entrée libre

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